La Tribune des travailleurs publie cette semaine l’appel lancé par 50 maires de Moselle, appel publié dans le Républicain lorrain et qui a reçu un vaste écho.

Dans les plans de destruction annoncés par Macron, les communes  ne sont pas oubliées.

3 mesures annoncées dont la combinaison signifie ni plus ni moins que l’étranglement et la mort des communes

  • LA suppression de la taxe d »habitation

  • La ponction de 13 milliards sur les ressources des collectivités

  • La réduction du nombre de conseillers municipaux, dont 500 000 sont des bénévoles

Nul doute que pour l’ensemble des élus attachés à la défense de  leur commune, cet appel servira d’exemple et de point d’appui pour organiser la résistance et obtenir le rerait des mesures annoncées par Macron

L’autre voie, celle de la  soumission, ce serait celle de l’accompagnement, celle qui verrait les élus se faire le relais d’une politique rejetée par tous.

Comme le dit la conclusion de l’appel des maires de Moselle,   « ‘Nous n’avons pas été élus pour accompagner la disparition de nos communes  »

  • Réformes territoriales : les maires du Pays messin s’étranglent

Une cinquantaine de maires de Moselle ont d’ores et déjà signé une pétition contre, notamment, la suppression de la taxe d’habitation, et la nouvelle ponction de 13 milliards d’euros sur les ressources des collectivités territoriales.

Un article à lire dans le Républicain lorrain

 

 

Avoir 36 000 mairies, c’est une chance. On nous dit que nous devons tous participer à l’effort national, mais nous avons simplement l’impression qu’on veut nous dépouiller de l’essentiel. C’est se moquer de ce qui marche. C’est se moquer des gens. » Patrick Messein, le maire de Novéant-sur-Moselle, est en colère. Alors comme une cinquantaine d’autres premiers magistrats mosellans, il a signé la pétition « Trop c’est trop ! » Elle appelle les élus locaux à se rebeller face « à la réduction du nombre de conseillers municipaux, à la suppression de la taxe d’habitation, à la nouvelle ponction de 13 milliards d’euros sur les ressources des collectivités territoriales… »

« C’est déjà dur de boucler nos budgets »

L’initiative a été prise le 31 juillet par une poignée de maires. Les édiles de Rozérieulles, Vaux, Châtel-Saint-Germain, Pagny-lès-Goin, Goin… en ont rapidement entraîné bien d’autres. « Et encore, on est en période de vacances. Ce mouvement va prendre de l’ampleur dès septembre », prédit Guy Petain, le maire de Pagny-lès-Goin. Lui aussi est fâché : « Bientôt, nous ne serons plus en capacité de faire tourner nos communes. C’est déjà dur de boucler nos budgets… » Alors dans ce village de 270 habitants, on s’organise. « On essaye d’économiser au maximum. Par exemple, nous n’avons pas d’employé communal, alors ce sont nous, les élus, qui faisons les travaux d’entretien. Et nous avons passé un contrat avec un Ésat (Établissement et service d’aide par le travail). » Mais le plan B n’est pas toujours suffisant : « Nous avions un projet de salle communale. C’est important pour le lien social, et nous sommes l’une des rares communes du secteur à ne pas en voir. Mais elle ne se fera pas : nous avons reçu un courrier de la préfecture disant que cela ne fait pas partie des priorités de l’État. C’est frustrant. »

Projets reportés… voire annulés

À Rozérieulles, c’est l’enfouissement des réseaux électriques qui a été remis dans les cartons, faute de crédits suffisants. « Depuis quinze ans, on perd des compétences et des moyens, mais alors là, on a franchi un cran supplémentaire, tempête Albert Dal Pozzolo, adjoint au maire. Et pour Rozérieulles, comme pour toutes les communes de Metz-Métropole, c’est la double peine : au 1er janvier, la Métropole prendra les compétences en termes d’eau potable, de voirie, du Pos (Plan d’occupation des sols), du stationnement… Et les mairies vont devenir des coquilles vides. »

« Nous ne voulons pas endetter la commune »

Pierre Kowalczyk, le maire de Bousse, tente de « rester optimiste », dans l’attente « d’éléments concrets ». Néanmoins, il assure que cela fait trois ans que les baisses des dotations de l’État ont largement dépassé le stade de la théorie. « Nous avons deux écoles dans la commune, mais un seul périscolaire, aujourd’hui insuffisant. Nous souhaitons en créer un second. Mais dans ce contexte où les réformes se mettent en place, sans que nous ayons aucune visibilité, nous nous interrogeons. À ce jour, alors qu’un cabinet d’architectes planche sur ce dossier, nous ne savons pas si nous pourrons le faire aboutir. Impossible d’évaluer quelles subventions nous pourrons – ou non – obtenir. Et nous ne souhaitons pas endetter la commune. » Pierre Kowalczyk aimerait aussi « proposer un transport pour les personnes âgées, afin qu’elle puisse faire leurs courses, mais nous n’en avons pas les moyens ».

« C’est irrespectueux ! »

Petit à petit, la liste des maires signataires de la pétition s’allonge. « Nous allons en rassembler le maximum, et agir », assure Albert Dal Pozzolo. Nous n’avons pas été élus pour accompagner la disparition de nos communes ». « Nous devrions accepter que, du jour au lendemain, on balaye tout ? Les habitants ? Et nous, élus, qui travaillons dans l’intérêt des citoyens et du pays ? », s’emporte Patrick Messein. « On nous prend pour des gens inutiles. Et on nous fait porter le poids de décisions ridicules, portées par des technocrates incompétents ! C’est irrespectueux ! »

Nul doute que la liste des pétitionnaires va peu à peu s’allonger…

« Nous n’avons pas été élus pour accompagner la disparition de nos communes »