Le gouvernement supprime 149 000 « contrats aidés » : Un scandale !

un article à lire dans la tribune des travailleurs

Quelle prise en charge pour mon fils handicapé ?

Mon fils de 8 ans est handicapé (assimilé troubles envahissants du développement). Il est actuellement scolarisé à l’école primaire dans une classe spécialisée. Il est accompagné par une auxiliaire de vie scolaire (AVS) individuelle, en contrat aidé (12 heures par semaine, c’est-à-dire un mi-temps). Pour être maintenu dans cette classe, il a besoin une AVS à temps complet. Cependant, avec la suppression des 149 000 contrats aidés, la maison départementale du handicap nous a fait comprendre que l’augmentation du temps de présence de l’AVS ne serait certainement pas possible dans la situation actuelle. Ce qui pose la question de la prise en charge de mon fils dans un cadre qui lui offre le maximum de chances d’être en sécurité, de développer son autonomie et de poursuivre son parcours scolaire.

Dimitri, parent d’élève à Courbevoie (Hauts-de-Seine)

Voilà l’un des témoignages que publie La Tribune des travailleurs cette semaine.

Le scandale que constitue la suppression de 149 000 « emplois aidés » par le gouvernement Macron-Philippe entraîne une multitude de drames.

Si ces emplois étaient occupés par des salariés mal payés, surexploités et précarisés, ils leur permettaient de disposer de quelques ressources.

Avec cette mesure, la vie de centaines de milliers d’agents, de salariés mais aussi d’usagers des services concernés va être, du jour au lendemain, bouleversée.

Aucun secteur n’est épargné : école, hôpitaux, Pôle emploi, associations d’aide à la personne, La Poste, la Sécurité sociale, etc.

Combien d’élèves sans accompagnement, de parents désemparés (voir témoignage ci-dessus), de personnes âgées privées de l’aide des auxiliaires de vie, de jeunes et de moins jeunes privés d’emplois ?

149 000 contrats supprimés en un trait de plume cette année, combien l’année prochaine ?

Et tout ça pour quoi ?

Pour respecter le sacro-saint principe imposé par le traité de Maastricht, qui veut que le déficit public soit inférieur à 3 % du PIB.

Si les postes de titulaires nécessaires ne sont pas créés, et si les contrats aidés sont supprimés, qui assurera demain les services de cantine dans les écoles ? Qui assurera les fonctions d’Atsem ? Qui assurera l’entretien de la voirie, le ramassage des ordures, le salage des trottoirs en période de gel ? Qui les remplacera dans les centres de loisirs le mercredi après-midi, pendant les temps d’activités périscolaires (TAP), après la classe le soir ?

Dans cette situation, de nombreux maires ont décidé ou menacent de reporter la rentrée scolaire.

Au même moment, le gouvernement remet la version définitive de ses ordonnances sur le Code du travail.

Avec ces ordonnances, les accords d’entreprise deviennent la règle, les licenciements sont facilités et les droits syndicaux remis en cause dans les entreprises par la fusion des instances représentatives du personnel

Face à une telle offensive, un seul mot d’ordre peut rassembler et mobiliser : « Abrogation de la loi El Khomri ! Retrait des ordonnances ! » ?

La décision du gouvernement de supprimer 149 000 « contrats aidés » est inacceptable !

Elle doit être annulée, comme doivent être annulées les ordonnances qui démantèlent le Code du travail.

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Revue de presse

« J’ai pleuré tous les jours » : après l’annulation de leur contrat aidé, elles témoignent

Emma Cyprien-Racine a 38 ans et trois enfants de 5, 10 et 14 ans. Reconnue comme travailleuse handicapée, elle devait travailler en contrat aidé dans un collège privé sarthois. « Le mercredi, je devais participer à l’aide aux devoirs dans un collège, à Sillé-le-Guillaume, et les autres jours de la semaine, j’étais détachée comme Asem (agent spécialisé des écoles maternelles) dans une école à Tennie (une commune sarthoise d’un millier d’habitants NDLR). »

Mais mardi 22 août, le couperet est tombé. « J’ai déjà travaillé deux ans, il me restait trois ans. Mais à treize jours de la rentrée, on m’a dit : « désolé Emma on ne peut pas te renouveler… » Je savais que ça allait s’arrêter un jour… Mais là je n’étais pas préparée. J’ai trois enfants et des factures qui tombent toujours… Toute la semaine dernière, j’ai pleuré tous les jours. Mais maintenant ça suffit, il faut que j’essaie de m’organiser dans ma tête. »

source Ooest France

Contrats aidés : « Tout d’un coup, tout s’arrête »

« C’est la période des inscriptions, celle où ils ont le plus besoin de moi… Je ne sais pas comment ils vont faire. » Avec un sourire triste, Alicia Chebil s’inquiète de la surcharge de travail qui va s’abattre sur ses collègues de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône). Dans trois heures, ce jeudi 31 août, c’est pourtant bien son propre contrat de travail, un contrat aidé de 26 heures par mois pour 800 euros, qui s’arrête brutalement. Il y a un an, cette femme de 55 ans, sans formation, a profité du dispositif CAE (contrat d’accompagnement dans l’emploi) pour intégrer cette structure fréquentée par plus de 2 500 Salonais chaque semaine.

Renseignements, inscriptions des adhérents, accueil téléphonique… La direction apprécie son implication et Alicia Chebil comptait bien être renouvelée une année. « J’ai compris cette semaine que ça ne se ferait pas. Pôle emploi a dit “c’est terminé”, poursuit-elle, abasourdie. Ici, j’ai gagné beaucoup d’assurance, j’aimais mon travail. Demain, je vais me réinscrire au chômage. A 20 ans, on peut rebondir, à mon âge, qui va m’engager ? » A Salon-de-Provence, coquette ville de 44 000 habitants, la réduction programmée des contrats aidés par l’Etat frappe des centaines de personnes. « C’est un tsunami, s’étouffe Nicolas Isnard, le maire Les Républicains. Pour ma collectivité, mais aussi pour l’ensemble des associations, des structures de services aux personnes, qui en dépendent directement. »

source: le monde

Les Restos du Coeur de Grenoble ne pourront plus proposer de repas chauds dès lundi. C’est la conséquence directe de la fin des emplois aidés amorcée par le gouvernement d’Édouard Philippe la semaine dernière.

l’association des Restos du Coeur de Grenoble ne pourra plus distribuer de repas chauds à ses bénéficiaires, et cela « dès lundi », a assuré sur franceinfo samedi 2 septembre la présidente des Restos du Coeur de l’Isère, Brigitte Cotte.

« Nous avons un emploi aidé, le cuisinier, qui prépare entre 100 et 120 repas chauds par jour dans notre centre de Grenoble », indique Brigitte Cotte. « Notre salarié en contrat aidé a terminé sa mission et va sur d’autres projets. Quand on a voulu recruter un autre salarié en contrat aidé, on nous a répondu qu’il n’y avait plus de budget », regrette la présidente des Restos du Coeur de l’Isère.

source france info