Editorial de Daniel Gluckstein 

Logique, la solidarité entre Macron et Rajoy.

Dans sa prestation télévisée, Macron a annoncé le retour de la « participation » chère à de Gaulle : supposés bénéficier en commun des résultats de l’entreprise, ouvriers et patrons auraient un même intérêt à accroître la productivité, baisser les coûts, etc. Avant cela, les ordonnances du gouvernement avaient instauré le « comité social économique » d’entreprise associant les syndicats à sa gestion et à son développement.

Cela porte un nom : le corporatisme, conforme à la vocation de la Ve République et contraire à la démocratie. Comme sont contraires à la démocratie, en Espagne, les institutions de la monarchie héritées du franquisme.

Macron et Rajoy sont logiquement solidaires dans leur défense des institutions corporatistes de la monarchie franquiste et de la Ve République, sous l’égide d’une Union européenne qui appelle à réprimer le peuple catalan.

Moins logique – et même tout à fait regrettable – peut sembler l’acharnement des dirigeants de partis ayant historiquement un lien avec le mouvement ouvrier (en Espagne, le Parti socialiste ouvrier espagnol [PSOE] et, dans une certaine mesure, Podemos) à nier la tenue et le résultat du référendum du 1er octobre. Allant même, en ce qui concerne le PSOE, jusqu’à soutenir Rajoy dans son intention d’utiliser, contre la Catalogne, le très liberticide article 155 (lire pages 12 et 13).

Moins logiques – et tout aussi regrettables – peuvent sembler les propos tenus à l’Assemblée nationale le 10 octobre par Mélenchon dénonçant « un indépendantisme régional généralisé » et précisant : « Et la Catalogne s’agite sous nos yeux »*.

En Espagne comme en France, le corporatisme menace l’existence et l’indépendance des organisations ouvrières, fondements de la démocratie.

Aux logiques des uns et des autres s’oppose une autre logique.

Celle qui conduit à défendre inconditionnellement le droit du peuple catalan à disposer de lui-même, donc son droit à abattre la monarchie franquiste, son droit à proclamer la République libre de Catalogne, ouvrant la voie aux Républiques libres du Pays basque, d’Andalousie, de Galice, de Castille, etc., et à l’union libre de ces Républiques librement constituées.

La même logique conduit en France à combattre pour le droit du peuple travailleur à liquider la Ve République et l’Union européenne.

C’est dans cette logique, celle du combat indépendant des travailleurs et des peuples pour leurs droits et la démocratie, que le POID inscrit son action.

* Membre de « L’espace politique de La France insoumise », le POI (non démocratique) ne reconnaît pas le référendum. D’ailleurs, sa « Lettre aux adhérents » du 14 octobre ignore jusqu’au mot « Catalogne » ! Ses amis espagnols du POSI revendiquent, le 16 octobre, « un dialogue (…), une négociation politique pour une issue démocratique qui inclut un véritable référendum libre ». Où l’on comprend que, pour ces gens-là, le référendum du 1er octobre n’était ni véritable ni libre…