Editorial de la Tribune des travailleurs n°132 Le miracle aura t-il lieu ?

Le miracle aura-t-il lieu ?

On lit dans Le Monde (26 mars) : « L’épreuve de force entre le gouvernement (…) et les syndicats de la SNCF vient d’entrer dans une parenthèse (…) après la journée de mobilisation nationale du 22 mars et avant le début de trois mois de grève perlée, qui pourrait être l’occasion d’un miracle. Juste avant Pâques. C’est, en tout cas, la volonté du gouvernement : faire rapidement entrer une partie des syndicats dans sa logique de concertation et ainsi casser le conflit avant la cristallisation. »
Fidèle à son inspiration cléricale, le gouvernement miserait donc sur un miracle pascal ? Allons donc : c’est d’une manœuvre pour casser la grève qu’il s’agit !
Le Monde précise : « La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a écrit un courrier aux quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF (…) dans lequel, pour la première fois, le mot “négociation” est ajouté à celui de “concertation”. »
« Négociation » ou « concertation » ? Un récent éditorial de notre journal (numéro 130) a traité de l’opposition entre ces deux termes. D’un côté, la négociation qui voit deux parties aux intérêts contradictoires se confronter dans la recherche d’un éventuel compromis sur la base d’un rapport de force. D’un autre côté, la concertation qui traduit la volonté d’agir en commun vers un but commun.
Que la ministre, inquiète de la grève qui se profile à la suite de la puissante mobilisation du 22 mars, cherche à semer la confusion entre les deux, c’est une chose.
Mais derrière les mots, il y a un contenu.
Une négociation suppose deux parties libres. Ce ne peut être l’exercice dans lequel le gouvernement exige des syndicats qu’ils remplissent les « trous » de son projet de loi de privatisation et de destruction du statut.
Une libre négociation suppose donc un préalable : le retrait de ce projet du gouvernement.
L’obstination du gouvernement à s’y refuser ne laisse d’autre choix aux cheminots que la grève qui commence le 3 avril. Grève qui ne peut l’emporter que dans et par l’unité. Unité qui ne peut se réaliser que sur des revendications claires.
Dans leur tract, les cheminots du Parti ouvrier indépendant démocratique écrivent : « L’unité de l’ensemble des cheminots avec l’ensemble de leurs organisations pour le retrait du plan Macron-Spinetta est le premier pas pour reconquérir le statut pour tous les cheminots, pour arrêter la privatisation, pour le retour à une entreprise publique unique et intégrée sous monopole d’État. »
Cette orientation est celle d’un parti ouvrier qui inscrit son action dans la lutte de classe pour l’unité dans une perspective : celle d’un gouvernement ouvrier qui prendra les mesures d’urgence indispensables à la sauvegarde du peuple travailleur et de la démocratie.
Laissons le gouvernement s’en remettre à un hypothétique miracle pascal.
Aux travailleurs de prendre les choses en mains pour, unis avec leurs organisations, bloquer les contre-réformes. Et, au-delà, chasser ce gouvernement illégitime.

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