Il suffirait de peu… Éditorial de Daniel Gluckstein •

Il suffirait de peu…

Éditorial de Daniel Gluckstein •

Quarante-huit heures avant les manifestations du 22 mars – à l’heure où nous bouclons ce journal –, il est difficile d’en prévoir la forme et l’ampleur. Mais une chose est sûre : il suffirait de peu pour que la situation bascule. Car de tous les secteurs de la classe ouvrière, du public comme du privé, monte la volonté de bloquer ceux qui, aux sommets du pays, ont décidé de tout casser.

Le gouvernement se veut ferme et rassurant… Mais le ministre Le Maire martelant que, quoi qu’il se passe, le gouvernement ne bougera pas, fait irrésistiblement penser au Premier ministre de l’époque, ce Juppé de 1995, qui proclamait – « droit dans ses bottes », disait-il – que jamais il ne céderait. Il a fini, pourtant, par retirer des pans entiers de ses contre-réformes, cédant à la mobilisation des millions de manifestants et grévistes, unis avec leurs organisations, en novembre-décembre 1995.

L’exigence d’unité des rangs ouvriers grandit et résonne dans toutes les organisations. Mais il y a aussi des freins, des obstacles de la division qui n’ont pas disparu.

Ainsi : pourquoi les cheminots, appelés à la grève par leurs fédérations syndicales, devraient-ils se diviser aujourd’hui, dans les assemblées générales, entre partisans de la grève perlée et partisans de la grève reconductible ? Seule l’unité – l’unité des cheminots et de leurs syndicats, soudée sur les revendications du retrait de la réforme Macron-Spinetta, du maintien du statut et de la préservation de l’entreprise publique – dégagera les moyens de la grève qui fera reculer le gouvernement.

Autre question : pourquoi deux cortèges à Paris ce 22 mars, l’un qui part de la gare de l’Est et l’autre de Bercy ? L’unité aurait exigé un seul cortège rassemblant fonctionnaires et cheminots et toutes les catégories de salariés. Les travailleurs y auraient vu un appel au combat commun, rassemblant toutes les revendications particulières en une revendication unique : retrait de tous les plans du gouvernement !

Et enfin : combien de temps encore le gouvernement va-t-il pouvoir s’appuyer sur la politique de « concertation » ? Ce 20 mars, à propos de la SNCF, le Premier ministre a déclaré ne pas être « dans une logique de bras de fer » et vouloir poursuivre « la discussion et la concertation ». Les organisations ouvrières peuvent-elles appeler à la grève et à la manifestation contre le gouvernement et poursuivre la concertation par laquelle ce dernier veut leur faire prendre en charge l’élaboration et l’application de ses contre-réformes ? Non, bien sûr ! S’il s’agit de combattre ce gouvernement, il faut rompre avec lui.

Oui, il suffirait de peu. Plus que jamais, la question centrale est celle de l’unité des rangs ouvriers.

S’il est un moment où le mot d’ordre « Tous ensemble ! » devrait prendre tout son sens, c’est aujourd’hui. C’est cette cause de l’unité ouvrière que veulent servir les 150 militants de toutes tendances qui appellent résolument à se retrouver le 13 mai prochain, place de la République pour dire : « Macron, un an, ça suffit ! Dehors ce gouvernement ! »

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