Les éboueurs de la SEPUR, en grève depuis le 30 mars, avec le syndicat USAP (union syndicale anti-précarité) revendiquent que chacun des 56 employés de leur entreprise conservent leur emploi et refusent que 11 d’entre eux, avec leurs familles « se retrouvent à la rue ! ».

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Qui a les moyens de décider de satisfaire cette revendication légitime ?

Les élus se retranchent derrière le fait qu’il s’agit d’une tractation entre deux entreprises privées. Pas si simple !

Le marché du ramassage des ordures ménagères des communes, Boissy, Sucy, Le Plessis-Trévise, Ormesson notamment,…, vient de passer de la SEPUR à Suez, cette dernière affichant immédiatement sa décision de ne pas reprendre une partie des ouvriers. L’annexe 5 de la convention collective nationale des « activités du déchet », plus spécialement son article 2, stipule qu’il s’impose à l’employeur de reprendre tous les salariés (sauf ceux qui n’ont pas 9 mois d’ancienneté, ce qui n’est le cas d’aucun ici).

Ceux des 11 salariés concernés qui se sont présentés, avec une ancienneté de 6, 10 ou 20 ans, aux bureaux de leur nouvel employeur se sont vu signifier qu’ils ne figuraient pas sur la liste des 42 repris et « n’avaient donc rien à faire là » !

Suez, en flagrant délit de non-respect de la réglementation, refuse toute discussion.

Les grévistes sont persuadés que les communes ont tout à fait l’autorité d’imposer à Suez de respecter la convention collective. Ne voulant voir que le coût moins élevé proposé par Suez, elles ferment les yeux sur le non-respect de l’annexe 5 notamment. Se sachant ainsi en position de force et profitant du contexte de remise en cause généralisée du Code du travail, l’entreprise Suez casse le cadre de la Convention collective, reprend certains salariés et en refuse d’autres pour se dégager de toute contrainte à l’égard des ouvriers.

Reste que ceux-ci sont très déterminés et unis pour leur revendication. Ils sont entièrement dans leur droit. La population sait l’importance du service qu’ils lui rendent. « Les fédérations CGT des services publics et des transports, qui ont déposé un « préavis de grève illimitée » appellent à la « grève et au blocage des sites le 3 avril ». La Tribune des travailleurs cite longuement leur communiqué : « Notre travail quotidien est mortifère : 17 ans d’espérance de vie en moins que la moyenne générale… Les missions de collecte et de traitement des déchets sont déléguées au secteur privé bien trop souvent au moindre coût et au moins-disant social ».

Cette grève prend toute sa place dans l’actuelle vague de rejet de la politique de ce gouvernement.

Le territoire et ses élus, à majorité PS-PCF, notamment Laurent Cathala et Régis Charbonnier, président et vice-président chargé du ramassage des ordures ménagères, doivent imposer à Suez de respecter la convention collective : tous les salariés de la SEPUR doivent être repris !