En toute logique barbare…

Éditorial de Daniel Gluckstein • 

À peine avaient-ils signé un appel – en principe « unitaire » – à manifester le 26 mai « contre les réformes Macron » que des dirigeants de premier plan des plus importantes organisations politiques appelantes ont emprunté le chemin de la division : polémiques incessantes pour savoir qui prendra la tête du cortège, qui dirigera l’initiative, qui parlera en son nom, etc. Division déclinée à tous les niveaux, dans les départements et les villes, où parfois plusieurs initiatives se font concurrence dans la préparation du 26 mai.

Ces mêmes dirigeants sont en revanche d’accord entre eux pour ne pas mettre en cause la légitimité de Macron. On devine, derrière ces manœuvres, les préparatifs, déjà engagés, des élections européennes de 2019, municipales de 2020 et présidentielle de 2022.

Et pendant ce temps… Macron continue.

Selon une note du ministère des Finances, révélée par la presse en fin de semaine dernière, le gouvernement prépare une diminution brutale du montant d’un certain nombre d’aides sociales. Dans le collimateur : l’allocation adulte handicapé, l’allocation personnalisée pour l’autonomie, l’aide personnelle au logement, les bourses accordées sur critères sociaux aux étudiants issus de foyers modestes, et d’autres aides sociales encore.

Sur le dos des couches les plus vulnérables – celles qui, pour des raisons évidentes, peuvent le moins se défendre –, Macron veut réaliser les « économies » dictées par le plan de réduction de 80 milliards d’euros auquel il s’est engagé auprès de l’Union européenne. Il est vrai que dans le même temps il a fait un cadeau royal aux capitalistes, en renonçant à prélever 6 milliards d’euros d’impôts sur la fortune et sur le capital et d’« exit tax ».

Ces 6 milliards, il faut bien les récupérer.

En toute logique barbare qui est la sienne, Macron s’y emploie, et s’en prend aux handicapés, aux vieux en perte d’autonomie, aux étudiants pauvres et aux locataires aux revenus modestes ! En toute logique barbare, grâce à la division qui le laisse en place.

En bas, les cheminots sont unis dans la grève pour la défense du statut et contre la privatisation ; les fonctionnaires sont unis qui ont fait grève et manifesté massivement ce 22 mai à l’appel de leurs syndicats pour défendre le statut et contre la suppression de 120 000 emplois annoncée par le gouvernement. À tous les niveaux, travailleurs, militants et jeunes se dressent unis contre la politique de Macron, car ils n’en peuvent plus.

Mais la division aux sommets laisse à Macron les mains libres pour poursuivre sa sale besogne.

Nombreux seront sans doute les travailleurs, militants et jeunes de toutes tendances présents ce 26 mai, malgré la confusion et la division, parce que, pour eux, il est vital de bloquer la machine à détruire.

Avec et parmi eux, les militants du POID seront là pour dire : assez de division, c’est maintenant, c’est tout de suite que, par l’unité, il faut en finir avec ce gouvernement d’arbitraire qui s’attaque à toutes les couches de la population laborieuse et à la jeunesse !

Non, décidément, personne ne peut ni ne veut attendre 2022 !