Voilà, pour des enseignants et des parents, une image plus qu’ insupportable !

Tous à tomber à bras raccourcis sur un lycéen de 16 ans ! Une seule réponse : la répression, l’intervention de la police dans les établissements scolaires !Si ce gosse symbolise quelque-chose, c’est bien le résultat de la destruction systématique, gouvernement après gouvernement, de l’Ecole publique et de sa place essentielle pour assurer un avenir. Car le droit à l’avenir, c’est d’abord le droit à la transmission des connaissances et aux diplômes !

Le ministre Castaner est lancé sur une toute autre piste. Visitant le commissariat de Champigny après un nouvel accrochage avec les jeunes, il lâche : « je suis venu encourager nos troupes… » Contre quel ennemi ? Contre la jeunesse ?

Assez de tromperie  !

Qui vient d’annoncer la suppression de 2650 postes d’enseignants dans les lycées ?

Qui a, depuis des années, phagocyté l’école primaire à coups de réformes et de mesures d’économies plus catastrophiques les unes que les autres ?

Ecoles

Le ministre Blanquer, pourtant ancien recteur de lacadémie de Créteil, semble découvrir la violence, physique mais aussi verbale, qui existe dans certains établissements, parfois dès lécole élémentaire à laquelle sont confrontés les enseignants dans un total abandon de leur hiérarchie.

Devant ces élèves dits « hautement perturbateurs », quelles réponses, quelles aides apportées aux enseignants et à ces enfants en souffrance ?

Combien de signalements, dinformations préoccupantes… sont envoyées aux autorités, signaux de détresse, qui restent sans réponse ?

Combien de demandes de soins pour ces enfants dans des établissements spécialisés naboutissent pas, faute de places, suite aux suppressions de postes quont opérées tous les gouvernements successifs ?

Et quand les enseignants, soutenus par les parents, sont contraints davoir recours à la grève pour obtenir des moyens pour pouvoir enseigner, la réponse cynique de la hiérarchie est souvent la même : « lenveloppe budgétaire ne permet pas de… Et puis, avec ce que vous avez déjà... »

Sagit-il de sattaquer aux racines de la violence sociale dans les quartiers devenus des ghettos, où parents et enfants sont soumis au chômage de masse, à des conditions de vie effroyables ? Où les enfants vivent dans la violence quotidienne, où la « loi de la cité » pénètre dans les établissements ?

Point du tout ! Le gouvernement Macron-Blanquer renvoie la responsabilité aux parents, aux enseignants, trop laxistes.

Collèges, lycées, lycées professionnels

Qui a décidé de faire du bac, et après lui de tout diplôme dispensé dans les collèges et les lycées, un chiffon de papier en généralisant le contrôle continu ? Qui a ainsi planifié de priver les jeunes d’autant de sésames pour leur entrée dans la vie ? Qui leur a tendu en même temps le piège de la précarité en déconstruisant conventions collectives et statuts ?

Qui a supprimé le droit au redoublement permettant aux élèves de se fixer d’atteindre un niveau donné et leur donnant une possibilité de progresser ?

Qui a désossé et dilué les programmes nationaux dans les bricolages des projets locaux, les activités interdisciplinaires imposées et les réductions d’heures de cours ?

Qui bourre les classes, supprime les dédoublements, ne remplace pas les enseignants absents, parfois pendant des mois, laisse les élèves handicapés sans aide, ne nomme pas les surveillants en nombre suffisant et laisse se détériorer l’ambiance de travail des établissements ?

Qui est attelé, en réintroduisant partout l’apprentissage, à détruire les lycées professionnels, la formation professionnelle publique arrachée aux patrons en 45 ? Qui substitue l’individualisation et l’adaptabilité à la qualification pour liquider toute reconnaissance collective des diplômes et ne répondre qu’aux besoins immédiats des employeurs ? Qui prétend ainsi les exposer à l’exploitation des patrons du bassin économique en cherchant à dépouiller leurs enseignants de leur statut de fonctionnaires d’État ?

Qui a fait passer la loi ORE et Parcoursup qui ont jeté au caniveau le droit de tout bachelier à suivre les études supérieures dont il rêve ?

L’angoisse des parents

Pour les parents, c’est l’angoisse, pour les jeunes, c’est la perte des répères ! Quoi de plus terrible que cette interpellation méprisante de Macron « tu traverses la rue et tu trouves du travail ! » ?Elle signifie en réalité une dévalorisation du travail scolaire et d’une vraie formation. Autant dire que cela ne sert pas à grand-chose d’étudier. Mépris de la culture générale, mépris des métiers, il suffirait de savoir se débrouiller !

Nous voulons une école qui transmette des connaissances pour une vraie qualification, une école où les enfants sont en sécurité, une école dont l’autorité est reconnue par tous parce qu’elle a les moyens d’instruire tous nos enfants.

Assez de faire dire aux mots le contraire de ce qu’ils proclament !

L’Education nationale, ce n’est pas ces naufrageurs de la jeunesse et de la démocratie !

L’Ecole, capable d’aider chaque jeune à s’ouvrir la place à laquelle il a droit, ce sont ces collègues et ces parents qui, unis avec leurs syndicats, ont, dans le Val-de-Marne, récupéré 40 classes dans les écoles ! Ce sont ces collègues qui dans les collèges et les lycées, à Gentilly, au Kremlin-Bicêtre, Cachan, Vitry, Champigny,… ont fait grève, se sont déplacés au rectorat sans se laisser décourager par les manœuvres et la grossièreté de l’administration, pour arracher tout ou partie de leurs revendications !

La légitimité est de leur côté, leur combat trace le chemin, leurs demandes développent ce que serait la politique demain d’un gouvernement au service de la population.

Dehors Macron et consorts ! Unité pour les chasser ! Unité pour les bloquer ! Nous appelons nos camarades et nos collègues à répondre à l’appel de la conférence du 20 octobre des comités pour l’unité ! « Partout, constituons nos comités pour l’unité, forgeons les maillons de la chaîne d’unité qui, en nous reliant tous, aidera le mouvement de millions à surgir » 

Ecole par école, quartier par quartier, collège par collège, lycée par lycée, organisons- nous en comités !

Pour sauver l’Ecole et la jeunesse, il faut chasser Macron,

Blanquer et Castaner au plus vite !

Brigit CERVEAU, Jean-Pierre MUTEL, André YON, comités pour l’unité de Champigny et Boissy.