Lu dans Le télégramme, un communiqué du comité du POID de Quimper

« Près de 2 000 jeunes, élèves du premier et du second degré sont mobilisés pour participer « à un défilé citoyen, accompagné d’anciens combattants, de militaires d’active, de jeunes sapeurs-pompiers, de jeunes de la préparation militaire marine, de jeunes de la Croix-Rouge, de réservistes ». C’est en marche et au pas, déguisés en Poilus, que ces jeunes vont se livrer, sous les ordres de l’armée et la bénédiction de l’Éducation nationale, à un simulacre de défilé. Non à l’embrigadement et au décervellement de la jeunesse !

C’est une glorification de la guerre, de toutes les guerres que l’on nous sert. L’intention est de dire aux jeunes que la citoyenneté passe par l’engagement militaire et leur aptitude à transmettre la mémoire des guerres. Nous condamnons cette opération de propagande et d’embrigadement de la jeunesse et demandons l’annulation de cette manifestation ».

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Détail du tabeau « La derniere patrouille », qui relate un combat dans les Ardennes au cours duquel furent notamment massacrés des Bretons. François-Marie Moullec, âgé de 26 ans et demeurant à Menez-Groaz à Ergué-Gabéric était de ceux-là. C’était le le 10 novembre 1918. (Photo d’archives Claude Prigent)© Le Télégramme 

Et le communique de la Libre pensée 29

« Il y a cent ans se terminait la plus effroyable guerre que le monde et l’Europe aient jamais connue », écrit l’association. « Une barbarie jamais égalée à l’époque, qui sera malheureusement amplifiée lors des guerres suivantes (…) La saignée a été telle que la France a perdu un quart de ses hommes âgés de 18 à 24 ans… Et près de la moitié de ses instituteurs des écoles publiques.

(…)  Comment peut-on envisager de “fêter” un tel événement, d’organiser une minute d’applaudissement ? Comment l’Éducation nationale, l’académie de Rennes, l’Inspection académique du Finistère, les Directions des écoles, des collèges et des lycées publics de Quimper et de Fouesnant ont-elles pu accepter, autoriser les Armées, des personnels des Armées à se substituer aux enseignants pour aborder ce sujet important de l’histoire de France qu’est la Grande Guerre ? Comment l’Éducation nationale, l’académie de Rennes, l’Inspection académique du Finistère, les Directions des écoles, des collèges et des lycées publics de Quimper et Fouesnant ont-elles pu accepter et co-gérer une commémoration publique du centenaire de la fin de la Grande Guerre avec l’enseignement catholique du Finistère et l’évêché lui-même ? »

« Ne laissons pas massacrer les Poilus une seconde fois »

 

Comment l’Éducation nationale, l’académie de Rennes, l’Inspection académique du Finistère, les Directions des écoles, des collèges et des lycées publics de Quimper et Fouesnant peuvent-elles proposer à la jeunesse comme projet de vie celui d’un jeune engagé volontaire en 1914, à 19 ans, et mort au combat en 1918, à 23 ans, alors que 25 % des jeunes français âgés de 18 à 24 ans ont été victimes de cette guerre sans avoir été volontaires et 639 jeunes Français ont été fusillés pour l’exemple par l’armée française (dont sept jeunes Finistériens parmi lesquels le jeune Quimpérois François Hénaff fusillé le 5 juin 1916 pour rébellion) ?

« La Libre Pensée-29 appelle tous les amis de l’école publique et de la paix à s’opposer à cette initiative. Ne laissons pas massacrer les “Poilus” une seconde fois. Elle invite toutes les associations et toutes les organisations syndicales amies de l’école publique et de la paix à se rencontrer et à organiser l’action pour que soient respectés tous les morts de cette infâme boucherie ».
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